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21.06.2006

Ségolène Royal défend François Hollande

Myriam Lévy         21 juin 2006, Le Figaro  Rubrique France

 

 PS Elle tenait hier son premier meeting à Paris, dans le XIXe arrondissement.  

À son arrivée à la mairie du XIXe arrondissement, Ségolène Royal ne pouvait pas ignorer le très vif incident qui avait opposé, quelques heures plus tôt à l'Assemblée nationale, son compagnon François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, au premier ministre, Dominique de Villepin. En bonne fille d'officier, Royal, qui n'était pas dans l'hémicycle, voix calme et regard dur, administre à Villepin, leur camarade à l'ENA, une leçon de maintien. «Il faut savoir garder son sang-froid, lâche-t-elle sur le parvis de la mairie. Ce n'est pas parce que la droite échoue sur tout qu'elle doit perdre la maîtrise d'elle-même», ajoute-t-elle, avant d'aller retrouver les militants socialistes au Gymnase Jean Jaurès.

 

Match à domicile

Devant eux, elle prend fait et cause pour Hollande. Le pays, dit-elle, en colère, est «gouverné par des gens incapables qui se disputent entre eux et qui en viennent maintenant à la violence verbale à l'Assemblée nationale. Vous avez vu : maintenant, c'est le premier secrétaire qui se fait traiter de lâche !». «C'est inadmissible», lance-t-elle. Et elle en chaîne : «Je voudrais ici le défendre, François. C'est inadmissible de se faire agresser comme ça quand on est le chef de la première formation de l'opposition», lance-t-elle, déclenchant des applaudissements des 700 participants venus pour elle.

Ce meeting dans un des quartiers populaires de la capitale avait un goût de match à domicile. C'est en effet autour des Buttes-Chaumont que l'on compte le plus gros de ses soutiens parisiens. «Des éclaireurs», dit-elle, à commencer par le maire, Roger Madec, et ses adjoints François Dagnaud, Colombe Brossel et Halima Jemni.

Dans la salle, on reconnaît Gisèle Stievenard ou Lyne Cohen-Solal. Et même Tristan Rouquier, leader du syndicat lycéen FIDL, l'un des contempteurs du CPE. «Ségolène, tu es notre meilleure candidate», lui lance Madec. Un jeune militant est sous le charme : «Vous êtes encore plus belle en réel qu'à travers les médias.» Pas du tout troublée, elle le regarde droit dans les yeux et lui glisse : «Vous n'êtes pas mal non plus !»

 

Un discours désormais rodé

Au fil des questions de la salle, elle déroule son discours désormais rodé sur «l'ordre juste et la sécurité durable», justifie sa position un peu alambiquée sur le mariage homosexuel et l'homoparentalité. «Les citoyens, dit-elle, en ont assez des formules toutes faites, mille fois rabâchées». Et elle affirme, à propos des 35 heures, qu'«il faut avoir le courage des diagnostics justes, même si ça remet en cause les idées reçues». D'ailleurs, ajoute-t-elle, «il faut expliquer aux citoyens qu'on ne pourra pas tout faire tout de suite», sinon «on crée des exaspérations qui se traduisent dans les urnes». Et, au moment où l'on s'interroge sur le coût du projet socialiste, elle insiste : «La vérité est toujours meilleure que la falsification des chiffres.»

 

Commentaires

Ségolène défend le premier secrétaire....Et ce jour , elle est la cible d'attaques trés virulantes , non pas de la part de personnalités de droite mais de Laurent Fabius en personne...
Comment peut il passer outre le vote des militants et s'attaquer au seul rayon de soleil politique de ces dix dernières années ??? Quel culot !!! Tout cela promet une belle campagne interne ou tous les coups seront permis...Pourvu que le PS n'en ressorte pas amoindri et ridicule . Je sais que Ségolène n'en sortira que plus forte !

Ecrit par : Leclercq Jean-Marc | 25.06.2006

Dès sa première apparition, je la voulais comme présidente de la République et je ne sais pas pourquoi, personne ne me prenait au sérieux. Sa jeunesse, son charme (déjà), ses emportements, ses hésitations, son inculture supposée, ses charges de famille, ne pouvaient que la conduire à un rôle de second plan. A Arras, aux Faucons Rouges, j'ai compris que je n'étais pas le seul à voir en elle l'héritière de François Mitterand pour la conquête du pouvoir et j'ai eu le bonheur de le lui glisser à l'oreille. Il ne s'agit pas de savoir si c'est, Dominique, Laurent, Lionel, François, ou Jacques le candidat le plus apte à défendre le projet des socialistes, mais de savoir qui peut battre la droite après l'énorme injustice de l'échec de Lionel. Une femme, une seule le fera contre tous. Elle gagnera et par contagion entrainera toute une génération de femmes à croire en elles. Elle est en position de faire tomber des tabous, de faire sauter le couvercle de la marmite. Les français sont passé à coté de Rocard, ont détruit Jospin, peuvent-ils raté Ségolène ? Impossible, c'est plié. Au travail dans l'ordre juste.

Ecrit par : Christian CAMINADE | 02.09.2006

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