11.05.2008

Bas salaires, une autre politique !

Bas salaires, une autre politique ! par Ségolène Royal

Tribune publiée dans Le Monde daté du 10 mai.

7,1 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, au moins 1,5 millions de travailleurs pauvres qui sont surtout des travailleuses, précarisés par le temps partiel contraint ou l’intérim : notre système social ne protège plus contre le risque de pauvreté. Ce risque, loin de concerner une catégorie restreinte de personnes fragilisées, touche désormais des travailleurs qui se sentaient autrefois à l’abri, générant une insécurité sociale que reflète le pessimisme actuel des Français.

Contre la pérennisation d’un salariat de la misère et pour que tout travail soit justement rémunérateur, les socialistes ont soutenu dès 2005 la création d’un revenu de solidarité active (RSA), destiné à augmenter la rémunération des salariés pauvres. Il s’agissait dans notre esprit de compléter et de prolonger les effets bénéfiques de la prime pour l’emploi (PPE), créée en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Les efforts s’étaient alors concentrés sur les salariés à plein temps rémunérés à proximité du Smic. Ce choix demeure pertinent, mais il doit aujourd’hui être amplifié, notamment en direction des travailleurs à temps partiel et à trois-quarts temps, comme le proposait le RSA. Cela aurait également été l’occasion d’améliorer le fonctionnement et la lisibilité de la PPE, qui aujourd’hui est versée avec retard.

Or voici que l’on nous annonce que, loin de compléter la PPE, le RSA sera en réalité un dispositif consistant à déshabiller les salariés pauvres à temps plein pour habiller les salariés pauvres à temps partiel ! Cette imposture enlève au concept même de RSA tout son sens. Lors de son intervention télévisée du jeudi 24 avril, Nicolas Sarkozy a explicitement demandé aux salariés modestes bénéficiaires de la PPE de financer le nouveau dispositif, idée saugrenue que le Haut commissaire aux solidarités actives a malheureusement renoncé à contester. Ce sont aujourd’hui huit millions de travailleurs gagnant à peine plus que le salaire minimum et percevant la PPE qui sont menacés de perdre entre 20 et 150 € par mois ! Ironie cruelle de l’histoire, ceux qui accomplissent quelques heures supplémentaires perdront la faible hausse de pouvoir d’achat prétendument procuré par les mesures gouvernementales.

A ce stade du débat, il me semble urgent de dire halte à l’imposture et de définir quelle doit être, à mon sens, la position de la gauche vis-à-vis du RSA. Première condition : il est hors de question que cette réforme se fasse au détriment des bénéficiaires de la PPE. Deuxième condition : le nouveau dispositif doit – comme la PPE – prendre la forme d’un crédit d’impôt géré par l’administration fiscale, et non d’une allocation gérée comme les minima sociaux par les caisses d’allocations familiales. Les salariés rémunérés au Smic, qu’ils travaillent à temps plein ou à temps partiel, paient aujourd’hui plus de deux mois de salaire au titre de la TVA et un mois de salaire au titre de la CSG. Ce sont des contribuables dont il faut alléger la charge fiscale – et non des allocataires de revenus d’assistance. Que le nouveau dispositif ainsi refondu prenne le nom de PPE ou de RSA n’a guère d’importance, pourvu que ces conditions de fond soient satisfaites.

Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait dit vouloir « parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés ». Aujourd’hui, 16 000 contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune se voient rembourser chaque année 350 millions d’euros au titre du bouclier fiscal. Mais ce sont ceux qui ont de petits revenus, les plus nombreux dans notre pays, qui paient le prix de l’austérité, alors qu’avec 15 milliards d’euros chaque année, le paquet fiscal aurait largement pu financer le RSA!

Au-delà de la question budgétaire, c’est également la philosophie du revenu de solidarité retenue par le gouvernement qui est profondément contestable. La lutte contre la pauvreté au travail et l’incitation à la reprise d’activité ne passent pas seulement par le complément entre salaire et prestation sociale. Une politique ambitieuse doit prendre en compte toutes les contraintes, y compris non monétaires, qui empêchent les demandeurs d’emploi de retrouver un travail décent.

Cela suppose d’abord un véritable accompagnement individualisé des bénéficiaires de minima sociaux. Aujourd'hui, moins de 35% des Rmistes sont suivis par l'ANPE. On ne peut pas continuer ainsi. Autre carence majeure, le dispositif proposé ne permettra pas de surmonter l’ensemble des freins à la reprise d’emploi : pourtant, les contraintes de santé, les difficultés de transport ou l'absence de modes de garde pour les bénéficiaires de l'allocation parent isolé, constituent des limites puissantes à l’acceptation d’un travail. Il faut en particulier créer un véritable service public de la petite enfance, dont l’absence limite l’accès des femmes au travail.

Enfin, la mise en œuvre du dispositif devrait s'accompagner d'engagements du côté des entreprises. En venant en aide aux travailleurs pauvres, le RSA ne doit pas se substituer à leur responsabilité sociale, tant sur les salaires que sur les formes de contrats de travail privilégiées. Faute de négociation avec les partenaires sociaux, la modération salariale va s’aggraver et le recours au temps partiel subi va s’accélérer, créant ainsi durablement des trappes à bas salaires.

Sur tous ces sujets, le gouvernement n'apporte aucune réponse. C’est la gauche qui, en 2000, a lancé ce vaste chantier de la revalorisation du travail et du pouvoir d’achat des salariés modestes. Si le gouvernement veut réellement compléter et améliorer le fonctionnement de ce dispositif, nous sommes prêts à y contribuer. Ne laissons pas dévoyer aujourd’hui cette belle idée : une autre politique est possible.

 

Signature Ségolène Royal

08.05.2008

Royal regrette l'absence de rassemblement autour d'elle après la présidentielle

Royal regrette l'absence de rassemblement autour d'elle après la présidentielle

Ségolène Royal et François Hollande le 19 avril 2008 à Fort-de-France pour les obsèques d'Aimé Césaire

Franck Fife AFP/Archives ¦ Ségolène Royal et François Hollande le 19 avril 2008 à Fort-de-France pour les obsèques d'Aimé Césaire

 

Ségolène Royal regrette qu'il n'y ait pas eu de rassemblement autour d'elle après l'élection présidentielle de mai 2007 pour "mettre la dynamique de (sa) campagne au service de la gauche", dans un entretien publié mercredi par le Parisien/Aujourd'hui en France.

Le premier secrétaire du PS François Hollande a rétorqué qu'un tel rassemblement dans la foulée de la présidentielle aurait été difficile car la candidate avait "pris ses distances" avec le parti pendant sa campagne.

"Ce qui aurait été cohérent après cette campagne, c'est de se rassembler autour de moi pour mettre la dynamique de la campagne au service de la gauche, de reconstruire un nouveau corpus idéologique et de voir si cela réussissait ou non", affirme l'ex-candidate à la présidentielle.

"Je constate que ça ne se passe pas pour moi comme cela s'est passé pour d'autres, François Mitterrand, Lionel Jospin...", ajoute Mme Royal évoquant deux leaders du PS qui ont pu se présenter plusieurs fois à la présidentielle.

Un rassemblement autour de Ségolène Royal après la présidentielle "aurait pu se faire", a estimé M. Hollande sur RTL. Mais "elle avait, pendant la campagne, pris ses distances, à l'égard du Parti socialiste et c'était plus difficile après pour le Parti socialiste de l'adopter tout de suite dans un congrès comme premier secrétaire", a-t-il ajouté.

"Là, on va voir ce que va être sa décision. Elle a pour l'instant engagé elle-même une réflexion, on va voir où cela conduit le Parti socialiste mais de toutes façons, ce sont les militants du PS qui choisiront non pas seulement une personne mais un vrai premier secrétaire", a poursuivi M. Hollande.

Alors qu'on demande à Mme Royal si elle veut prendre la tête du PS, elle indique qu'elle prendra sa décision "assez rapidement puisque les textes pour le congrès du PS de novembre doivent être déposés en juin".

"Ce que je veux, c'est un PS qui change, qui soit en phase avec les défis de la France", affirme aussi la présidente de la région Poitou-Charentes estimant qu'il faut que le parti "compte plus d'adhérents". "On avait promis il y a deux ans un PS a 700.000 adhérents", rappelle-t-elle, en jugeant "très important que le PS devienne un parti très attractif".

Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, considéré comme l'un des principaux rivaux potentiels de Mme Royal, a publié mardi un texte en vue du congrès du PS.


© 2008 AFP

Le PS adopte de nouveaux statuts et cale son calendrier sur la présidentielle

Le PS adopte de nouveaux statuts et cale son calendrier sur la présidentielle

Logo du Parti Socialiste, le 6 mars 2008 à Strasbourg



 

 

Olivier Morin AFP/Archives ¦ Logo du Parti Socialiste, le 6 mars 2008 à Strasbourg

 

Le Bureau national du PS a adopté mardi à l'unanimité les nouveaux statuts du parti qui mettent le calendrier socialiste au diapason des scrutins présidentiel et législatif.

Le projet élaboré par une commission de rénovation, intégrant toutes les sensibilités du parti "a été adopté à l'unanimité, à la virgule près", a indiqué François Rebsamen, numéro deux du parti, qui pilotait la Commission.

Le maire de Dijon et numéro deux du PS François Rebsamen, le 22 janvier 2008 à Dijon

"Le BN s'est réjoui du large accord réalisé", a-t-il ajouté.

"Pour tenir compte des effets du quinquennat sur le fonctionnement de notre organisation politique, il faut modifier le rythme de nos congrès", affirme le texte élaboré sous la houlette de François Rebsamen, numéro deux du parti, et qui a recueilli l'assentiment de toutes les sensibilités.

Alors que jusqu'à présent, la vie du PS était rythmée par un congrès tous les trois ans, indépendamment des scrutins, désormais le parti organisera un congrès "au moins un an avant les échéances présidentielle et législative", et un autre "dans l'année qui suit ces mêmes échéances".

L'adoption prévue par le bureau national mardi des nouveaux statuts après celle, également consensuelle, de la déclaration de principes, renvoie l'image d'un parti unifié avant son Congrès de novembre, alors que de fait, il reste déchiré entre courants et personnalités qui convoitent la succession de François Hollande et/ou l'Elysée.

Pour ce qui est de la présidentielle, les nouveaux statuts stipulent qu'"au plus tard dans les trois mois qui suivent" le congrès pré-présidentiel, "les adhérents procèdent à la désignation du (de la) candidat(e)".

Il s'agit d'éviter la réédition de "certaines dissonances", souligne M. Rebsamen, en allusion à la présidentielle de 2007, où on a reproché au PS un écart entre son projet et sa candidate. "C'est le congrès qui donne la ligne politique, élabore le projet présidentiel et prépare le programme législatif", précisent les statuts.

Mais la question épineuse d'éventuelles primaires pour faire émerger un candidat unique de la gauche dès le premier tour a été reportée au Congrès de novembre.

"Il s'agit d'une réforme non négligeable et la modification du calendrier est un cap important", a souligné Alain Bergounioux, secrétaire national et historien du parti. Il rappelle que la dernière modification des statuts remonte à 1995, lorsque Lionel Jospin avait obtenu l'élection du premier secrétaire et des premiers fédéraux par les militants.

Le nouveau texte institue un "Conseil des territoires", regroupant notamment les présidents des Conseils régionaux et généraux, une innovation qui prend compte de la forte implantation locale du PS au fil des derniers scrutins. "C'est la pratique qui dira si cette instance prendra de véritables décisions" ou tombera "en désuétude", relève M. Bergounioux.

Le parti continuera de fonctionner à la proportionnelle: le seuil à atteindre pour siéger dans les instances nationales reste inchangé à 5%. Le souhait de Ségolène Royal et ses partisans d'un scrutin plus majoritaire, vécu par d'autres courants comme un casus belli, a été abandonné.

Mais une restriction est apportée: les motions doivent obtenir 5% "dans au moins 15 fédérations différentes", ce qui "évite les chantages aux baronnies", et la tendance au "localisme", souligne M. Bergounioux.

Enfin, la représentativité des sections et fédérations sera dorénavant calculée à partir du nombre de votants au congrès, et non plus d'inscrits, ce qui "va dans le sens de la moralisation", relève l'historien.

Les nouveaux statuts, de même que la déclaration de principe, sont soumis au vote des militants et doivent être ratifiés par une Convention nationale le 14 juin.


© 2008 AFP


20Minutes.fr avec AFP, éditions du 06/05/2008 - 18h02

dernière mise à jour : 07/05/2008 - 11h37

07.05.2008

Ségolène Royal face aux lecteurs du Parisien

En visite dans les locaux du Parisien, Ségolène Royal, ex-candidate à l'élection présidentielle, a rencontré un panel de lecteurs du Parisien. Bilan Sarkozy, avenir du PS, ambitions présidentielles, vie privée, la présidente de la région Poitou-Charentes se livre à un exercice de vérité

06.05.2008

Une autre politique est possible

Ségolène Royal sur France Info

 

 

Tirant le bilan d'un an de présidence Sarkozy, Ségolène Royal a jugé que les Français "souffrent" de "la vie chère, (des) promesses non tenues, (de) la place de la France dans le monde qui recule". Ce qu'il faut, c'est "leur dire qu'une autre politique est possible. Et donc il faut faire pression sur ceux qui nous gouvernent pour qu'ils changent de politique".

Face à "une crise mondiale qui est là", Ségolène Royal a estimé que "le pouvoir en place n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation".

Interrogée sur le tour de vis dans les dépenses publiques, Mme Royal juge que "bien sûr il faut réformer l'Etat pour qu'il soit plus efficace. Mais il faudrait que ceux qui réforment l'Etat aiment le service public et aiment l'Etat parce que ce que l'on subit aujourd'hui sur le territoire (...) avec la fermeture des tribunaux, des hôpitaux, des écoles, des trésoreries, des services publics de proximité qui font qu'aujourd'hui nous avons une France à deux vitesses" en matière notamment de santé et d'éducation.

Pour elle, "réformer l'Etat, ce n'est pas casser le service public. Réformer l'Etat, c'est mettre du service public au contraire là où on en a besoin, faire des économies là où c'est nécessaire". Ségolène Royal estime que "l'Etat doit assumer ses responsabilités et en particulier garantir l'égalité du développement sur l'ensemble du territoire". En fin de compte, "il ne faut pas réformer contre les gens mais avec eux".

01.05.2008

«L’hebdo des socialistes» accusé d’oublier Royal

C’est ce qu’affirment les proches de la socialiste. «Il n’y a aucune volonté d’ostraciser qui que ce soit», répond le responsable du journal interne du PS, qui publie la semaine prochaine une interview de l'ex-candidate à la présidentielle.
par François Vignal
Source : LIBERATION.FR : mardi 29 avril 2008
     
L’hebdo des socialistes ignore-t-il Ségolène Royal ? Au vu des derniers numéros du journal interne du Parti socialiste, tiré à 255.000 exemplaires et envoyé aux militants, la question de pose, selon les soutiens de l’ex-candidate à la présidentielle. Au point que deux proches de Royal, François Rebsamen et David Assouline, s’en sont plaints auprès de la direction du magazine et du PS, selon le Parisien/Aujourd’hui en France.
Faux, affirme François Rebsamen, qui assure à Libération.fr ne jamais s’être exprimé auprès de la direction du PS à ce sujet. Mais il ne nie pas le fond de l’affaire. «Ce qui est vrai, c’est qu’en privé, j’ai fait ce constat. J’ai dit à David Assouline qu’elle était peu présente dans l’hebdo. Mais je n’ai pas fait non plus de démarche officielle auprès d’Olivier Faure», directeur de la rédaction et proche de François Hollande.

Selon Dominique Bouissou, attaché de presse de Ségolène Royal, l’incident est clos, puisqu’«il y a une petite interview sur Mai 68 et, dans le prochain numéro, une autre sur le bilan de Sarkozy». En réalité, aucune trace d’un quelconque entretien sur Mai 68 dans le numéro de cette semaine. «Il ont dû le repousser», croit deviner l’attaché de presse.

«C’est un faux procès»

Olivier Faure nie, lui, toute volonté de nuire: «C’est un faux procès. Il n’y a aucune volonté d’ostraciser qui que ce soit. Cet article du Parisien tombe bizarrement», note-t-il. Pour preuve de sa bonne foi, il renvoie à l’interview sur le bilan du Président à paraître dans le prochain numéro: «Deux pleines pages décidées il y a plusieurs jours.» «J’ai eu Ségolène hier soir au téléphone pour voir ce qui l’embêtait, confie-t-il. Elle voulait surtout savoir si elle serait traitée à égalité pour la période du congrès.»

François Rebsamen estime lui «normal que la candidate désignée par 60% des adhérents puisse s’exprimer». Est-ce à dire que le député-maire de Dijon voit dans cette «absence» de Royal une volonté de la direction du PS? «Je suis sûr qu’il n’y a pas eu de consigne de François Hollande. Par contre, qu’il y ait la volonté, à la tête de la direction de l’hebdo, de ne pas valoriser Ségolène Royal, c’est possible», pense François Rebsamen.

«Actualité froide»

Olivier Faure renvoie lui aux contraintes de fabrication : «Le journal est bâti trois semaines à l’avance, écrit deux semaines avant et bouclé une semaine avant parution. On ne traite que d’actualité froide. Les éléphants sont dans la réactivité. Ils n’ont pas toujours envie de s’exprimer sur les OGM trois semaines à l’avance. De plus, on ne parle pas plus de Delanoë, Fabius ou DSK...»

Si, pour François Rebsamen, François Hollande n’y est pour rien, le peu de présence de Royal dans l’hebdo «traduit un état d’esprit général au niveau de certains responsables de la direction», souligne-t-il cependant. A l’heure des batailles de personnes en vue du congrès et, déjà, de l’élection présidentielle de 2012, le lieutenant de Royal voudrait que le journal interne face au moins bonne figure: «Si on veut présenter une famille PS rassemblée, c’est important d’y voir tous les socialistes, prévient-t-il. Mais ce n’est pas simplement l’hebdo qui suffira, j’en suis bien conscient...»

26.04.2008

Ségolène ROYAL sur France2 ce vendredi 25 avril 2008 - la vidéo

25.04.2008

Ségolène Royal sur France Inter

Ségolène Royal sur France Inter (voir la vidéo)

 

Ségolène Royal a estimé vendredi sur France Inter que Nicolas Sarkozy avait donné, lors de son interview télévisée de la veille, une "feuille de déroute" à son gouvernement.

Nicolas sarkozy a cumulé les "aberrations", "les improvisations", les "contre-vérités". Sur la laïcité "en confirmant que les clercs et les prêtres donnaient du sens à la vie", le président a dit "des monstruosités".

Nicolas Sarkozy a aussi fait preuve de "malhonnêteté" en imputant les difficultés de la France "à des chocs extérieurs".

"Il est en train de payer la masse des mensonges qu'il a proférés pendant la campagne présidentielle", a lancé Mme Royal estimant que la France "est tirée vers le bas".

"Le Premier ministre avait dit qu'il attendait de cette émission une feuille de route. Je crois que le Premier ministre a eu surtout une feuille de déroute".

"On est plus inquiets après l'émission qu'avant. On a le sentiment de ne pas avoir eu un président de la République hier, mais un candidat perpétuel".

Quant au mea culpa du chef de l'Etat sur un certain nombre de sujets, elle y a vu "un truc de communication". "En clair, ça veut dire +je me suis trompé+".

Nicolas Sarkozy "n'a pas répondu sur les préoccupations des Français" notamment sur le pouvoir d'achat, privilégiant "la redistribution entre les précaires" et "a donné une image de la France en situation d'échec en particulier sur l'éducation nationale, ce qui est faux".

"Ce qui est en train de se passer, c'est de la brutalité, c'est beaucoup d'arrogance. J'ai vu un Nicolas Sarkozy parfois méprisant à l'égard des Français".

"Sur la politique étrangère, il ne nous a pas rassuré et au contraire c'est extrêmement inquiétant" soulignant ses propos "aberrants" dans le but de "justifier qu'il se couche devant la Chine".

23.04.2008

Royal prépare la constitution d'un courant au sein du PS

Ségolène Royal veut créer «un réseau de correspondants chargés d'animer la réflexion collective ».
Ségolène Royal veut créer «un réseau de correspondants chargés d'animer la réflexion collective ». Crédits photo : AFP

Étape par étape, Ségolène Royal progresse vers le congrès du PS. Mardi, à l'occasion d'un point sur les premières contributions reçues sur congresutileetserein.com, son site participatif, lancé le 4 avril, l'ancienne candidate à la présidentielle a annoncé son intention de mettre en place «un réseau de correspondants chargés d'animer la réflexion collective». Bref, il s'agit de l'amorce d'un courant au sein du PS, distinct de son association Désirs d'avenir, qui réunit ses supporteurs en marge du parti. «Je vais me déplacer dans les départements», a-t-elle promis, «pour animer des réunions et des débats» nourris par les «synthèses» des contributions reçues sur son site. Donc, elle fera campagne au sein du PS en faveur du texte qu'elle déposera début juillet, dans le cadre du congrès, et qui devrait être construit à partir de cette démarche participative. «Il faut que ceux qui viennent [sur le site] aient la garantie que leurs réflexions seront prises en compte», a-t-elle expliqué. «On ne se reconnaîtra pas dans le texte parce qu'on l'aura signé mais parce qu'on l'aura écrit», explique le sénateur de Paris David Assouline. Il sera l'un des coordinateurs du futur réseau : «Tous les itinéraires sont les bienvenus», explique-t-il. «C'est une démarche qui désenclave». Ségolène Royal est à la recherche d'une majorité au sein des militants socialistes.

La présidente de Poitou-Charentes ne cache pas son intention de briguer le leadership du parti. Ses partisans le disent. «Aujourd'hui, le PS a besoin d'avoir Ségolène Royal à sa tête autour d'une équipe de gens de talents, et pas seulement des candidats putatifs, et qui l'aident dans sa tâche», a déclaré le député européen Vincent Peillon, lundi, sur France Inter. Pour l'instant, Ségolène Royal donne tous les signes qu'elle partage le même objectif.

 

Source : Le Figaro

Ségolène Royal souffle sur les braises d’une «année ratée»

MATTHIEU ÉCOIFFIER
Source Libération : mercredi 23 avril 2008

La première à dézinguer Sarkozy. Un an, jour pour jour, après le premier tour de la présidentielle, Ségolène Royal a ressorti hier sa saine colère contre son ex-rival. Prétextant la présentation d’un «rapport d’étape» de sa consultation participative sur le site web «Congrès utile et serein», elle a dressé un bilan sévère de l’action et de la personne du Président. Façon de coiffer les autres ténors socialistes au poteau, deux jours avant l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy. «Jeudi, j’attends qu’il reconnaisse ses erreurs. Qu’il revienne sur les mesures fiscales les plus injustes. Il faut récupérer les 15 milliards par an pour doubler la prime pour l’emploi, les aides aux PME innovantes et baisser la TVA», a-t-elle lancé de son nouveau QG du boulevard Raspail, à Paris. Et de brandir le «paquet fiscal très injuste» comme à l’origine de «la colère des Français».

«Faute». «Deux Français sur trois estiment que cette année est ratée. Je ne m’en réjouis pas. Notre pays ne peut pas se le permettre. Je suis convaincue qu’il y a des solutions, qu’il n’y a pas de fatalité. Nicolas Sarkozy avait toutes les cartes entre les mains. S’il l’a ratée cette première année présidentielle, c’est de sa faute!» a-t-elle balancé. Et Ségolène Royal de se poser en principale interprète de ce «gâchis» et des états d’âme des Français : «Nicolas Sarkozy a promis un choc de croissance, une rupture… On a eu tout le contraire.» Et ce «à cause», selon elle «d’une conception des pouvoirs ultracentralisée, une exhibition permanente».

Invoquant avec nostalgie les 17 millions de voix qui se sont portées sur elle au deuxième tour de la présidentielle, Ségolène Royal a dessiné en creux ce qu’aurait été sa façon de gouverner si elle avait été élue. «Il faut que Nicolas Sarkozy écoute les Français, dialogue avec les partenaires sociaux. Moi, je continue cette démarche de démocratie participative», a-t-elle dit.

Appliqué au congrès du PS en novembre, cela donne déjà «732 contributions» de militants«passionnés pour que le texte de la contribution [qu’elle défendra, ndlr], soit issu de la base et ne soit pas concocté à quelques-uns dans un espace fermé», a-t-elle conclu.

Blog. Face aux dirigeants du PS qui raillent l’antienne participative de Royal, un proche de l’ex-candidate rappelait hier que tous s’y mettent : «Benoît Hamon et le NPS consultent les militants et Jean-Christophe Cambadélis nous a dit : "Bien joué, 1-0, après le lancement de notre site."» Sur son blog, François Hollande dit aussi : «Je vous attends» aux militants. 103 commentaires y étaient postés hier soir. Contre 732 sur le site de Royal.

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