07.06.2008

Convention nationale du Samedi 14 Juin 2008

La convention nationale du Parti Socialiste sera diffusée en direct sur
Public Sénat de 10 à 14 heures

31.05.2008

«Nous ne devons pas rester entre nous»

Face à l’offensive de Bertrand Delanoë en vue du congrès du PS, Ségolène Royal confie à «Libération» son état d’esprit et sa conception du Parti socialiste.
Recueilli par DAVID REVAULT D’ALLONNES
Source : LIBERATION      samedi 31 mai 2008

 

 

 

Comment expliquez-vous la brusque accélération de votre confrontation avec Bertrand Delanoë ?

Ce n’est pas une confrontation. Et d’ailleurs, je n’ai pas l’intention de me laisser enfermer dans un duel. En même temps, un débat est légitime dès lors qu’il correspond à de vrais choix.

Pourquoi avoir insisté sur vos différences concernant la question du libéralisme ?

Parce qu’il me semble utile de répondre sincèrement aux questions qui ont été posées à ce sujet. Les choses sont claires. Les libertés sont depuis longtemps intégrées au socialisme Mais aller jusqu’à dire comme l’a fait Bertrand : "je suis libéral", je crois que ça conduit à la confusion. Je pense qu’il y a déjà tellement à faire pour inventer le socialisme du XXIe siècle qu’il n’est pas utile d’aller prendre le vocabulaire et le concept de nos adversaires. Le débat central, c’est celui sur la démocratie, car comme disait Jaurès, le socialisme, c’est la démocratie jusqu’au bout.

Pourquoi avoir souligné la proximité du maire de Paris avec Lionel Jospin ?

Elle est réelle. Cette proximité avec l’auteur du livre qui s’appelle l’Impasse est-elle dénuée de signification ?

Que répondez-vous à ceux qui agitent le spectre d’un congrès de Rennes ?

Ce qui était abominable au congrès de Rennes, c’est que les militants se sifflaient, et ne s’écoutaient pas. Avec Bertrand et j’en suis sûr tous les autres dirigeants, nous sommes suffisamment responsables pour faire en sorte que le débat se fasse dignement et que les militants puissent voter sereinement. Je n’ai aucune inquiétude à ce sujet.

Selon les «reconstructeurs» (1), il faut absolument éviter la confrontation Delanoë-Royal…

Une fois de plus, ce n’est pas une confrontation. On ne peut pas empêcher des responsables socialistes de soumettre un texte aux militants ! Ceux-là, au fond, veulent que rien ne bouge, que tout reste comme avant. Si on craint le débat, d’ailleurs, où va-t-on ? Les socialistes peuvent être fiers de débattre publiquement de leur orientation politique. Quel autre parti en France le fait de façon aussi démocratique ? Aucun. Moi je veux un congrès serein et utile et je ferai tout pour cela.

Vous avez annoncé, le 16 mai, votre intention de prendre la tête du parti. Pourquoi cette date ?

C’était le juste moment. Mais je n’ai pas dit «prendre», au contraire, je veux offrir. Et faire, dans la cohérence de la campagne présidentielle des socialistes, une offre politique tournée vers l’avenir et sereinement soumise au vote des militants. C’est ne rien faire qui serait surprenant de ma part.

Ceux que vous avez soutenu vous soutiennent-ils à leur tour pour le congrès ?

Je n’ai jamais conçu la politique comme un troc. Les élus sont libres de leur choix. J’ai donné beaucoup de temps et d’énergie aux candidats aux municipales, quelle que soit leur sensibilité. Jamais je n’ai demandé en contrepartie un soutien pour le congrès. C’est ma façon de rendre ce qui m’a été donné et c’est toujours un honneur d’être sollicitée.

Vous ne semblez pas bénéficier de la même dynamique que lors des primaires de 2006. L’attentisme des grandes fédérations ne vous inquiète-t-il pas ?

Mais je ne suis nullement inquiète. Je travaille et ce sont les militants qui décideront. Ce qui est important, c’est de comprendre que nous, socialistes, et plus largement la gauche, nous sommes regardés par tous les Français inquiets de subir les crises et les dégâts de la politique de la droite. Ils se demandent si une autre politique est possible. Ce que j’affirme. C’est cela le véritable enjeu du congrès et celui de la mutation du parti. Les bons résultats des municipales ne doivent pas occulter la très forte abstention. Il y a un rejet de la droite, mais pas encore d’adhésion aux socialistes. Le travail à fournir est donc considérable.

Depuis le deuxième tour de la présidentielle, le temps n’a-t-il pas joué contre vous ?

La dynamique de la campagne présidentielle aurait pu, c’est vrai, être utilisée plus vite et plus fort par le PS pour engager le congrès, c’est-à-dire le débat d’idées dans la foulée des municipales. Mais inutile de polémiquer. Maintenant, il faut regarder devant.

Le calendrier du PS n’était-il pas conçu, justement, pour vous bloquer la route ?

La question n’est pas de savoir si ce calendrier est bon ou mauvais pour moi, mais pour le parti et, au-delà, pour notre capacité à répondre aux préoccupations concrètes qui tenaillent les Français. Et aujourd’hui, avec autant de candidats au premier secrétariat qu’à la Villa Médicis, nous donnons un spectacle un peu baroque ! Pendant ce temps-là, la droite démantèle les fondamentaux de la société française : durée du travail, santé, éducation, dans un contexte de très grave creusement des inégalités.

Qu’est-ce qui doit changer en priorité au PS ?

Nous ne devons pas rester entre nous. Les Français et en particulier les 17 millions d’électeurs qui ont voté pour nous à la présidentielle ont le droit de savoir comment s’organise la principale force d’opposition et de proposition du pays. Or, force est de constater que les procédures sont très complexes. Il y a urgence à les reconnecter avec la réalité. Quand je suis allé hier matin à La Rochelle revoir les pêcheurs pour m’assurer que les aides d’urgence de la région étaient bien versées aux familles en grande détresse, je me disais intérieurement qu’il faut vraiment que ce congrès empoigne à bras-le-corps le traitement de toutes les crises qui sont beaucoup plus profondes qu’on veut bien le dire.

Quel doit être le rapport du parti à ses militants ?

Le PS doit devenir le parti de toute la société française. Je pense que l’esprit d’innovation dont il a fait preuve dans la désignation interne en incitant de nombreux électeurs de gauche à nous rejoindre par une adhésion à 20 euros, a contribué fortement à nous ouvrir. Nous nous fixons l’objectif d’un parti à 700 000 adhérents. La question est de savoir comment y parvenir, comment être plus attractif, comment devenir le parti de toute la société. Je pense en particulier à tous les jeunes des quartiers populaires qui ont massivement voté à gauche à la présidentielle. Nous avons des efforts considérables à faire pour donner envie d’adhérer au PS. Il nous manque des employés, des ouvriers, des femmes et la France métissée à l’égard de laquelle je me sens une responsabilité particulière. Car c’est d’abord en pensant à tous ces jeunes plein d’espoir dont les regards qui m’imprègnent ne sont pas prêts de s’effacer, que je m’engage dans ce congrès.

La pratique, dans les sections et les fédérations, est pourtant loin de celle d’un parti de masse…

Mais les fédérations ne demandent que cela, j’en suis sûr. Enormément d’idées remontent des militants dans la consultation participative que nous avons lancée : simplifier les adhésions, déléguer aux fédérations des travaux thématiques et la responsabilité de certains sujets, ouvrir nos débats aux sympathisants, organiser des consultations régulières. Nul ne doit plus se méfier des nouveaux adhérents, au contraire.

Votre méthode de préparation du congrès, justement, avec une consultation militante, a été vivement critiquée…

Ce ne sont pas quelques critiques isolées qui font la pluie et le beau temps. Je ne connais aucun militant qui refuse d’être consulté ! J’apprécie aussi beaucoup que 25 premiers fédéraux se soient associés dès le départ à cette méthode participative. Par ailleurs, tout le monde sait qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre le fait d’écouter et de fixer une ligne.

Quel est selon vous le problème numéro un du parti ?

Ce n’est pas en termes de problèmes que doit se poser la question. Je ne me situe pas en critique du passé. J’ai même eu l’occasion de dire que la direction actuelle avait préservé l’unité du parti contre vents et marées, ce qui est la condition sine qua non pour continuer à construire. Notre défi principal, redisons-le, c’est d’augmenter assez fortement le nombre et la diversité des adhérents. La société a changé, le rapport des citoyens aux institutions a changé, donc il est évident que les formes de militantisme aussi évoluent.

Y aurait-il un problème d’autorité au Parti socialiste ?

Comment nier que les citoyens, pas seulement les socialistes, sont secoués par les trop fréquentes cacophonies ? Et surtout par le non-respect du vote des militants. Aujourd’hui, il y a des propos trop choquants - comme comparer le parti à une pétaudière - qui peuvent être dits dans une impunité totale. Il ne s’agit pas de caporaliser le parti, c’est un problème d’autodiscipline, mais aussi de droits et devoirs. Et je sais que de nombreux militants ne sont pas choqués, bien au contraire, lorsqu’on parle de sanctions quand leur vote est bafoué.

Quelles sanctions imagineriez-vous ?

C’est l’investiture donnée par le PS qui permet d’être élu grâce au vote des militants et donc ce que les militants donnent, ils doivent pouvoir le reprendre si les règles adoptées collectivement ne sont pas respectées.

Comment envisagez-vous votre rôle de premier secrétaire ?

C’est d’abord avec une équipe l’incarnation d’un projet politique, d’un parti uni et renouvelé. C’est aussi préparer dès maintenant les prochaines échéances électorales européennes et régionales, notamment par la mise en valeur des actions menées par nos élus sur les territoires. On entend dire que ces batailles seront difficiles, c’est vrai et c’est pourquoi le congrès doit être réussi pour donner un véritable élan. Il faut donner de la visibilité à une équipe associant des responsables nouveaux mais aussi expérimentés, en harmonie avec les groupes parlementaires.

Vous évoquez un «collectif», mais vos concurrents vous critiquent sur votre pratique présumée solitaire de la politique…

On ne peut pas me reprocher à la fois d’être trop solitaire et trop participative ! Je suis entourée d’une très bonne équipe avec des fidélités au long cours. Les milliers de militants de Désirs d’avenir sont à 80 % membres du PS. Ma démarche participative prouve mon souci de l’écoute et du collectif. Ma conception de la politique est tout le contraire d’un exercice solitaire dont on voit bien d’ailleurs l’inefficacité et même le danger avec l’exemple omnipotent de Nicolas Sarkozy.

Au cas où vous ne seriez pas majoritaire, envisageriez-vous une motion de synthèse avec d’autres personnalités ?

La motion que nous présenterons sera soumise aux militants. C’est en fonction de leur choix et du contenu des différents projets que l’on pourra voir ce qui aura de la cohérence pour répondre aux attentes de la gauche et pour engager l’élan d’une alternance politique utile au pays.

(1) Les «reconstructeurs», qui se réunissent ce week-end à Paris, rassemblent les amis de DSK, Martine Aubry, Arnaud Montebourg et Laurent Fabius.

17.05.2008

"Nous savons tous que le PS a besoin d'un leadership"

Devant plusieurs centaines de militants réunis dans le XXe arrondissement, pour un atelier citoyen Ségolène Royal a annoncé que “Si les militants partagent les orientations que nous proposerons, j’assumerai les responsabilités qui en découlent. Il ne serait pas compréhensible que je n’avance pas avec les militants. Il y a un principe de sincérité que je suis depuis toujours... Si les militants en décident ainsi et l’estiment utile pour le parti socialiste, j’accepterai avec joie et détermination d’assumer cette belle mission de chef du parti”

Ségolène Royal a précisé que, pour conquérir le Parti Socialiste, elle ferait "une offre politique aux militants sous forme d'une contribution", dont la rédaction commencera dès la semaine prochaine pour être déposée au plus tard le 1er juillet, en vue d'une motion.

Ségolène Royal a d'autre part annoncé le soutien, d'ores et déjà, de 25 premiers secrétaires de fédérations départementales.

Royal officiellement candidate à la direction du PS

Source NOUVELOBS.COM | 17.05.2008 | 11:29
Si les militants "l'estiment utile pour le parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti socialiste", a-t-elle annoncée, alors que Bertrand Delanoë s'impose comme son principal rival.

Ségolène Royal déplore que le PS ne soit pas rassemblé autour d'elle après la présidentielle (Reuters)

Ségolène Royal déplore que le PS ne soit pas rassemblé autour d'elle après la présidentielle (Reuters)

Ségolène Royal a publiquement annoncé vendredi 16 mai dans la soirée qu'elle serait candidate à la direction du parti socialiste lors du Congrès de Reims en novembre prochain.
"Si les militants, quand ils vont voter, partagent de manière significative les orientations que nous proposerons" et "s'ils l'estiment utile pour le Parti socialiste, j'accepterai avec joie et détermination d'assumer cette belle mission de chef du parti socialiste", a déclaré la présidente de la région Poitou-Charentes lors d'une réunion publique dans le XXe arrondissement parisien. Elle entend "porter une conception du renouveau du socialisme en France et dans le monde". "Nous savons tous que le PS a besoin d'un leadership", a-t-elle ajouté.


Face à Delanoë

Le moment est inattendu, Ségolène Royal ayant réaffirmé il y a quelques jours devant des journalistes que le moment n'était pas venu.
Mais par ce geste, l'ex-candidate à l'Elysée en 2007 tente de couper l'herbe sous le pied du maire de Paris, Bertrand Delanoë, dont la semaine prochaine doit marquer la montée en puissance avec la sortie d'un livre et une réunion de ses soutiens.
Ségolène Royal a toutefois assuré qu'il n'y avait "pas de risque d'affrontement ou de guerre des chefs". "Les militants n'en veulent pas et ils n'en auront pas. En ce qui me concerne, le débat sera respectueux", a-t-elle ajouté.
La présidente de région a précisé que, passage obligé pour conquérir le parti, elle ferait "une offre politique aux militants sous forme d'une contribution puis d'une motion". "Dès la semaine prochaine, nous passons à la rédaction de la contribution" qui devra être déposée au plus tard le 1er juillet, a-t-elle ajouté.

Il ne s'agit pas de "flatter les militants"

Régulièrement accusée de vouloir soigner sa popularité en jouant sur son image, Ségolène Royal s'est défendue de vouloir "flatter les militants". "Je veux les respecter et les convaincre", a-t-elle dit, promettant à nouveau de "parler aux militants comme (elle) parle aux Français". "Il n'y aura pas de faux debats, de postures toutes faites".
Souvent accusée de faire le jeu de François Bayrou, l'ex-candidate a prôné "un parti socialiste qui soit le centre de gravité pour toute la gauche dans le respect de nos partenaires".
Face à "ceux qui déforment ou dénigrent" sa méthode - partir d'un questionnaire aux militants pour proposer un projet politique au congrès -, Ségolène Royal a affirmé que c'était "le contraire du populisme et de la démagogie", dénonçant un "ordre jupitérien" où on "décide dans la solitude de son bureau".
Les militants du PS éliront un successeur à François Hollande au poste de premier secrétaire lors du Congrès programmé du 7 au 9 novembre à Reims.

08.05.2008

Le PS adopte de nouveaux statuts et cale son calendrier sur la présidentielle

Le PS adopte de nouveaux statuts et cale son calendrier sur la présidentielle

Logo du Parti Socialiste, le 6 mars 2008 à Strasbourg



 

 

Olivier Morin AFP/Archives ¦ Logo du Parti Socialiste, le 6 mars 2008 à Strasbourg

 

Le Bureau national du PS a adopté mardi à l'unanimité les nouveaux statuts du parti qui mettent le calendrier socialiste au diapason des scrutins présidentiel et législatif.

Le projet élaboré par une commission de rénovation, intégrant toutes les sensibilités du parti "a été adopté à l'unanimité, à la virgule près", a indiqué François Rebsamen, numéro deux du parti, qui pilotait la Commission.

Le maire de Dijon et numéro deux du PS François Rebsamen, le 22 janvier 2008 à Dijon

"Le BN s'est réjoui du large accord réalisé", a-t-il ajouté.

"Pour tenir compte des effets du quinquennat sur le fonctionnement de notre organisation politique, il faut modifier le rythme de nos congrès", affirme le texte élaboré sous la houlette de François Rebsamen, numéro deux du parti, et qui a recueilli l'assentiment de toutes les sensibilités.

Alors que jusqu'à présent, la vie du PS était rythmée par un congrès tous les trois ans, indépendamment des scrutins, désormais le parti organisera un congrès "au moins un an avant les échéances présidentielle et législative", et un autre "dans l'année qui suit ces mêmes échéances".

L'adoption prévue par le bureau national mardi des nouveaux statuts après celle, également consensuelle, de la déclaration de principes, renvoie l'image d'un parti unifié avant son Congrès de novembre, alors que de fait, il reste déchiré entre courants et personnalités qui convoitent la succession de François Hollande et/ou l'Elysée.

Pour ce qui est de la présidentielle, les nouveaux statuts stipulent qu'"au plus tard dans les trois mois qui suivent" le congrès pré-présidentiel, "les adhérents procèdent à la désignation du (de la) candidat(e)".

Il s'agit d'éviter la réédition de "certaines dissonances", souligne M. Rebsamen, en allusion à la présidentielle de 2007, où on a reproché au PS un écart entre son projet et sa candidate. "C'est le congrès qui donne la ligne politique, élabore le projet présidentiel et prépare le programme législatif", précisent les statuts.

Mais la question épineuse d'éventuelles primaires pour faire émerger un candidat unique de la gauche dès le premier tour a été reportée au Congrès de novembre.

"Il s'agit d'une réforme non négligeable et la modification du calendrier est un cap important", a souligné Alain Bergounioux, secrétaire national et historien du parti. Il rappelle que la dernière modification des statuts remonte à 1995, lorsque Lionel Jospin avait obtenu l'élection du premier secrétaire et des premiers fédéraux par les militants.

Le nouveau texte institue un "Conseil des territoires", regroupant notamment les présidents des Conseils régionaux et généraux, une innovation qui prend compte de la forte implantation locale du PS au fil des derniers scrutins. "C'est la pratique qui dira si cette instance prendra de véritables décisions" ou tombera "en désuétude", relève M. Bergounioux.

Le parti continuera de fonctionner à la proportionnelle: le seuil à atteindre pour siéger dans les instances nationales reste inchangé à 5%. Le souhait de Ségolène Royal et ses partisans d'un scrutin plus majoritaire, vécu par d'autres courants comme un casus belli, a été abandonné.

Mais une restriction est apportée: les motions doivent obtenir 5% "dans au moins 15 fédérations différentes", ce qui "évite les chantages aux baronnies", et la tendance au "localisme", souligne M. Bergounioux.

Enfin, la représentativité des sections et fédérations sera dorénavant calculée à partir du nombre de votants au congrès, et non plus d'inscrits, ce qui "va dans le sens de la moralisation", relève l'historien.

Les nouveaux statuts, de même que la déclaration de principe, sont soumis au vote des militants et doivent être ratifiés par une Convention nationale le 14 juin.


© 2008 AFP


20Minutes.fr avec AFP, éditions du 06/05/2008 - 18h02

dernière mise à jour : 07/05/2008 - 11h37

21.05.2007

Attention aux faux sites de dons en ligne pour Ségolène Royal ou le PS

Attention aux faux sites de dons en ligne pour Ségolène Royal ou le PS

Depuis quelques jours, différentes initiatives sont nées sur Internet pour appeler à des dons pour Ségolène Royal ou pour le Parti Socialiste.

Certaines d'entre elles sont frauduleuses, d'autres naissent de la bonne volonté de militants qui souhaitent soutenir Ségolène Royal.

Nous vous rappelons que seule l'adhésion à l'association Désirs d'avenir, ou au Parti Socialiste, permet de soutenir Ségolène Royal et de l'aider dans ses projets futurs.

Pour adhérer à Désirs d'avenir :

http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=participer_adherer

08.04.2007

Royal prône "une France de la réconciliation"

Royal prône "une France de la réconciliation" et non pas "une France de l'affrontement"

NOUVELOBS.COM | 08.04.2007 | 08:24

Devant 2.000 sympathisants réunis dans l'Aude, la candidate PS a implicitement reproché à Nicolas Sarkozy de chercher à opposer les catégories de Français les unes aux autres.

 

Ségolène Royal a appelé de ses voeux, samedi à Lézignan-Corbières, dans l'Aude, "une France rassemblée", "une France de la réconciliation" et non pas "une France de l'affrontement" qu'elle a implicitement reprochée à Nicolas Sarkozy de vouloir.

Ségolène Royal a appelé de ses voeux, samedi à Lézignan-Corbières, dans l'Aude, "une France rassemblée", "une France de la réconciliation" et non pas "une France de l'affrontement" qu'elle a implicitement reprochée à Nicolas Sarkozy de vouloir.

(c) AFP

 

Ségolène Royal a appelé de ses voeux, samedi 7 mars à Lézignan-Corbières, dans l'Aude, "une France rassemblée", "une France de la réconciliation" et non pas "une France de l'affrontement" qu'elle a implicitement reprochée à Nicolas Sarkozy de vouloir.
"Non, je ne veux plus de cette France de l'affrontement, je veux une France de la réconciliation", s'est exclamée la candidate socialiste devant 2.000 sympathisants réunis dans une petite pinède, par un temps printanier.

"Un système qui dresse les gens les uns contre les autres"

"Je veux avec vous une France qui fasse reculer (...) ce système qui dresse les gens les uns contre les autres", a-t-elle repris: "les fonctionnaires contre ceux qui ne le sont pas et qui sont désignés du doigt, les grévistes contre ceux qui ne le sont pas et qui sont désignés du doigt, ceux qui auront le droit de faire des heures supplémentaires et ceux qui ne l'auront pas, ceux qui pourront continuer d'accéder à la santé et ceux qui ne le pourront plus, ceux qui vont bénéficier des allégements fiscaux en haut de l'échelle et ceux qui seront obligés de payer de leur précarité les nouveaux cadeaux fiscaux que la droite promet".

Questions sociales

Dans un discours où elle a beaucoup insisté sur les questions sociales, Ségolène Royal a aussi prôné "une France où l'Etat garantira des conditions égales d'accéder à la liberté de choix de sa vie".
"Je ne veux pas non plus d'une France de l'assistanat, je veux qu'avec chaque droit nouveau, il y ait une obligation nouvelle et que les droits et les devoirs soient les mêmes pour tous, que les puissants ne puissent pas s'en affranchir", a-t-elle ajouté.
La candidate socialiste a aussi fustigé les attaques de Nicolas Sarkozy qui, après les incidents de la gare du Nord, l'avait accusée de "soutenir les fraudeurs".

"La lutte contre l'agressivité verbale"

"La lutte contre la délinquance, ça se fait aussi par l'exemple, la lutte contre toutes les formes de brutalités, ça se fait aussi par l'exemple, la lutte contre l'agressivité verbale, ça se fait aussi par l'exemple". Le public, qui a immédiatement reconnu à quoi elle faisait allusion, l'a vivement applaudie.
"Construisons ensemble une France rassemblée et fière d'elle-même", a conclu Ségolène Royal.
Au début de son allocution, elle avait appelé tous ses sympathisants à se mobiliser pour elle, afin de "faire le plus gros score possible dès le 22 avril prochain", au premier tour du scrutin présidentiel. (AFP)

Le rapport Meda précise le contenu du contrat première chance

Le rapport Meda précise le contenu du contrat première chance

 

 

LEMONDE.FR | 06.04.07 | 11h28

Afin de couper court aux craintes suscitées à gauche et dans une partie des organisations de jeunesse par le contrat première chance (CPC), la sociologue du travail Dominique Méda, chargée par Ségolène Royal d'un rapport sur ce sujet, devait détailler, vendredi 6 avril, cette mesure destinée aux jeunes non qualifiés. Des précisions indispensables après la confusion qui a entouré la présentation, par la candidate socialiste et son entourage, de ce dispositif alliant insertion professionnelle dans l'entreprise et formation.

Mme Méda rappelle d'abord "les grandes difficultés" des jeunes non qualifiés : leur exposition plus fréquente au chômage, notamment de longue durée, et à la précarité (temps partiel contraint, contrats courts etc.) Ces difficultés, ainsi que la dérive fréquente de mesures conçues pour les non-qualifiés vers de plus hauts niveaux de qualification, nécessitent, à ses yeux, une mesure ciblée sur les jeunes les plus éloignés de la qualification. La sociologue évalue ce public à environ 200 000 personnes : quelque 120 000 jeunes de plus de 16 ans sortant chaque année du système éducatif sans diplôme autre que le brevet, et le stock de jeunes non qualifiés au chômage.

"NI CONTRAT AIDÉ SUPPLÉMENTAIRE, NI CONTRAT DE TRAVAIL"

Le CPC leur offre la possibilité d'un parcours d'insertion durable dans une petite entreprise, doublé d'un accompagnement (tutorat, formation, remobilisation etc.). Mme Méda propose que le type d'entreprise concernée – PME de moins de dix salariés ou de moins de 20 – fasse l'objet d'une discussion avec les partenaires sociaux.

"Ni contrat aidé supplémentaire, ni contrat de travail", le contrat première chance est d'abord "une convention entre trois partenaires qui s'engagent : la région, l'employeur et le jeune" sur les différentes étapes d'un parcours. Une fois conclue cette convention, il est prévu une première période de trois mois en entreprise, au cours de laquelle le jeune, bénéficiant du statut de stagiaire de la formation professionnelle, est suivi à la fois par un tuteur et par un référent externe (conseiller ANPE, mission locale etc.) choisi par la région qui pilote le dispositif. Au terme de ces 3 mois, un bilan est fait et un contrat d'apprentissage, de professionnalisation ou à durée indéterminée est passé avec le jeune.

La prise en charge par les pouvoirs publics du salaire et des charges dure douze mois. Pour éviter les effets d'aubaine, "les entreprises ne peuvent accueillir qu'un seul jeune", et "un délai d'un an doit être respecté entre deux entrées en contrat première chance". "En cas de rupture du contrat au bout d'une année" à l'initiative de l'employeur et en l'"absence de cause réelle et sérieuse, l'entreprise doit rembourser l'ensemble de l'aide" prévoit le rapport Méda. Le coût de la mesure, financée dans le cadre de la remise à plat des 65 milliards d'euros d'aide aux entreprises, est jugé "inférieur dans tous les cas à un milliard d'euros".

Claire Guélaud

Contrat première chance : l'Unef "rassuré"

 Contrat première chance : l'Unef "rassuré"

NOUVELOBS.COM | 07.04.2007 | 13:41

Après avoir dénoncé une "connerie", le président de l'Unef, Bruno Julliard, se satisfait des explications apportées par l'équipe de campagne de Ségolène Royal.

Bruno Julliard (AP)

Bruno Julliard (AP)
Après avoir dénoncé une "connerie", Bruno Julliard, président de l'UNEF, a jugé "rassurantes", vendredi 6 avril, les explications fournies par l'entourage de la candidate socialiste Ségolène Royal sur son projet de contrat première chance (CPC).
"Je suis beaucoup moins sceptique et beaucoup moins inquiet que les jours précédents", a-t-il confié sur RTL. Lorsque Ségolène Royal a annoncé la semaine dernière le CPC, "dont la terminologie était pour le moins surprenante un an après le retrait du CPE, j'avais fait savoir à son équipe que j'étais un peu inquiet", parlant de "bourde importante parce que ça laissait entendre qu'il y avait un nouveau contrat de travail avec des droits au rabais pour les jeunes, un petit frère du CPE ou un CPE de gauche".

"Noyée par une mauvaise communication"


Le CPC n'est donc pas à ses yeux "un nouveau contrat de travail mais plutôt un aménagement d'un dispositif déjà existant". "L'idée qui est présentée par Ségolène Royal est bonne, voire même très bonne", a ajouté le dirigeant du principal syndicat estudiantin de France en jugeant "dommage qu'elle ait été noyée par une mauvaise communication".
Devant la pluie de critiques sur son CPC, Ségolène Royal a assuré vendredi qu'elle tiendrait bon, mais a quand même révisé sa copie en ajoutant une période d'essai de trois mois et de possibles sanctions contre l'employeur. Avec le CPC, elle a pris le risque de froisser une frange de la gauche et des jeunes électeurs farouchement engagés dans la lutte anti-CPE début 2006.
Ce dispositif est destiné aux 120.000 jeunes qui sortent chaque année non qualifiés du système scolaire, et dont salaire et charges seraient intégralement couverts par l'Etat pendant un an s'ils sont recrutés dans de très petites entreprises de moins de dix salariés. (AP)

Royal, entre stress et audace

Royal, entre stress et audace


LE MONDE | 07.04.07 | 11h55 • Mis à jour le 07.04.07 | 11h55
MONTAUBAN, CARMAUX ENVOYÉE SPÉCIALE



Que cette campagne est dure ! Les points de sondage gagnés, perdus, jamais commentés officiellement, mais toujours scrutés avec anxiété. Les polémiques sans cesse relancées. Les mots justes qu'il faut trouver. La peur des derniers jours, décisifs. En déplacement dans le sud-ouest de la France, vendredi 6 avril, Ségolène Royal est à l'épreuve de tout cela dans un contexte où, comme le souligne son codirecteur de campagne, Jean-Louis Bianco, "aucun candidat n'a réussi à imposer un thème plus de quarante-huit heures".



La candidate socialiste, elle, éprouve des difficultés à expliquer sa proposition de créer un "contrat première chance" pour les jeunes non qualifiés, dont le salaire et les cotisations seraient pris en charge par les pouvoirs publics pendant un an. Les critiques de la gauche de la gauche, qui n'a pas hésité à le comparer au CPE avorté du gouvernement Villepin, ajoutées aux explications confuses dans le camp socialiste, ont transformé le "CPC" ("contrat première chance") en objet polémique. Or, la méthode y est pour beaucoup.

Lancée à Guéret, le 30 mars, l'idée est d'abord restée en jachère. Les précisions apportées huit jours plus tard par la candidate, qui donne parfois l'impression d'"avancer en marchant" et d'élaborer son projet en fonction des réactions, ont eu l'effet contraire à celui escompté.

Jeudi, Mme Royal annonce que le CPC, réservé aux jeunes recrutés dans les très petites entreprises et dont la vocation est de se transformer en contrat à durée indéterminée, comprendrait une période de trois mois "d'adaptation", sous la responsabilité d'un tuteur. Une nouveauté.

Vendredi, rencontrant des artisans et des commerçants à la maison de l'emploi de Valence d'Agen, elle reprend au bond la suggestion d'un artisan maçon : oui, acquiesce la candidate, le tutorat pourra être fait dans l'entreprise, et sera lui aussi pris en charge par les pouvoirs publics, en "continuant à rémunérer un senior au moment du départ à la retraite". Une innovation, encore, tandis que les critiques redoublent.

Faisant halte, entre deux réunions "populaires", plutôt réussies, sur des places publiques, dans les locaux du conseil général du Tarn-et-Garonne, à Montauban, Mme Royal en perd son calme. "S'il y en a qui ont de meilleures idées, qu'ils les donnent", lance-t-elle devant la presse en fustigeant "cette espèce de mollesse et d'indifférence à l'égard de ceux qui souffrent le plus". La prise en charge du tuteur ? "La réponse est oui. Mais c'est formidable, qu'est-ce que vous voulez de plus ? s'agace-t-elle. Je peux réajuster mais j'avancerai droit, personne ne m'intimidera. Concentrez-vous sur l'essentiel des choses, quoi. Les méchants, les gentils, ça suffit".

Ségolène Royal en meeting à Carmaux, le 6 avril 2007. | AFP/PASCAL PAVANI
Ségolène Royal en meeting à Carmaux, le 6 avril 2007. AFP/PASCAL PAVANI


"DES AJUSTEMENTS"


Elle paraît excédée. "Non, je ne suis pas excédée, coupe Ségolène Royal, en s'échauffant au jeu des questions-réponses. Hou la la, il y un ajustement mais c'est dramatique ! Ce système tellement bureaucratique où tout le monde est en train de chicailler, mais les gens n'en peuvent plus ! Ça va marcher parce que je m'appuie sur les élus locaux qui ont compris le film. (...) Le pays attend quelqu'un qui va le sortir de la situation dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Il n'y a ni changement, ni flottement, mais une écoute et des ajustements, voilà".

Après avoir fait la liste de ses derniers grands meetings qui seront consacrés aux "fonctions régaliennes" du chef de l'Etat, elle délègue le soin à Jean-Louis Bianco de monter à bord du bus des journalistes pour répondre aux questions.

Le soir, en meeting à Carmaux, patrie de Jaurès, la candidate socialiste reviendra elle-même sur le sujet en convoquant "le Jaurès le plus hardi, le plus iconoclaste, celui qui houspillait fraternellement ses camarades en leur disant : "n'ayez pas peur d'aucune formule ou idée neuve"".

Mais signe d'une tension qui ne s'est pas apaisée, et de fatigue sans doute, elle commet un lapsus et évoque "le contrat nouvelle chance".


Isabelle Mandraud
Article paru dans l'édition du 08.04.07.