11.05.2008
Bas salaires, une autre politique !
Bas salaires, une autre politique ! par Ségolène Royal
Tribune publiée dans Le Monde daté du 10 mai.
7,1 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, au moins 1,5 millions de travailleurs pauvres qui sont surtout des travailleuses, précarisés par le temps partiel contraint ou l’intérim : notre système social ne protège plus contre le risque de pauvreté. Ce risque, loin de concerner une catégorie restreinte de personnes fragilisées, touche désormais des travailleurs qui se sentaient autrefois à l’abri, générant une insécurité sociale que reflète le pessimisme actuel des Français.
Contre la pérennisation d’un salariat de la misère et pour que tout travail soit justement rémunérateur, les socialistes ont soutenu dès 2005 la création d’un revenu de solidarité active (RSA), destiné à augmenter la rémunération des salariés pauvres. Il s’agissait dans notre esprit de compléter et de prolonger les effets bénéfiques de la prime pour l’emploi (PPE), créée en 2000 par le gouvernement de Lionel Jospin. Les efforts s’étaient alors concentrés sur les salariés à plein temps rémunérés à proximité du Smic. Ce choix demeure pertinent, mais il doit aujourd’hui être amplifié, notamment en direction des travailleurs à temps partiel et à trois-quarts temps, comme le proposait le RSA. Cela aurait également été l’occasion d’améliorer le fonctionnement et la lisibilité de la PPE, qui aujourd’hui est versée avec retard.
Or voici que l’on nous annonce que, loin de compléter la PPE, le RSA sera en réalité un dispositif consistant à déshabiller les salariés pauvres à temps plein pour habiller les salariés pauvres à temps partiel ! Cette imposture enlève au concept même de RSA tout son sens. Lors de son intervention télévisée du jeudi 24 avril, Nicolas Sarkozy a explicitement demandé aux salariés modestes bénéficiaires de la PPE de financer le nouveau dispositif, idée saugrenue que le Haut commissaire aux solidarités actives a malheureusement renoncé à contester. Ce sont aujourd’hui huit millions de travailleurs gagnant à peine plus que le salaire minimum et percevant la PPE qui sont menacés de perdre entre 20 et 150 € par mois ! Ironie cruelle de l’histoire, ceux qui accomplissent quelques heures supplémentaires perdront la faible hausse de pouvoir d’achat prétendument procuré par les mesures gouvernementales.
A ce stade du débat, il me semble urgent de dire halte à l’imposture et de définir quelle doit être, à mon sens, la position de la gauche vis-à-vis du RSA. Première condition : il est hors de question que cette réforme se fasse au détriment des bénéficiaires de la PPE. Deuxième condition : le nouveau dispositif doit – comme la PPE – prendre la forme d’un crédit d’impôt géré par l’administration fiscale, et non d’une allocation gérée comme les minima sociaux par les caisses d’allocations familiales. Les salariés rémunérés au Smic, qu’ils travaillent à temps plein ou à temps partiel, paient aujourd’hui plus de deux mois de salaire au titre de la TVA et un mois de salaire au titre de la CSG. Ce sont des contribuables dont il faut alléger la charge fiscale – et non des allocataires de revenus d’assistance. Que le nouveau dispositif ainsi refondu prenne le nom de PPE ou de RSA n’a guère d’importance, pourvu que ces conditions de fond soient satisfaites.
Au soir du premier tour de l’élection présidentielle, Nicolas Sarkozy avait dit vouloir « parler à ceux auxquels on ne parlait plus, aux travailleurs, aux ouvriers, aux employés ». Aujourd’hui, 16 000 contribuables assujettis à l’impôt sur la fortune se voient rembourser chaque année 350 millions d’euros au titre du bouclier fiscal. Mais ce sont ceux qui ont de petits revenus, les plus nombreux dans notre pays, qui paient le prix de l’austérité, alors qu’avec 15 milliards d’euros chaque année, le paquet fiscal aurait largement pu financer le RSA!
Au-delà de la question budgétaire, c’est également la philosophie du revenu de solidarité retenue par le gouvernement qui est profondément contestable. La lutte contre la pauvreté au travail et l’incitation à la reprise d’activité ne passent pas seulement par le complément entre salaire et prestation sociale. Une politique ambitieuse doit prendre en compte toutes les contraintes, y compris non monétaires, qui empêchent les demandeurs d’emploi de retrouver un travail décent.
Cela suppose d’abord un véritable accompagnement individualisé des bénéficiaires de minima sociaux. Aujourd'hui, moins de 35% des Rmistes sont suivis par l'ANPE. On ne peut pas continuer ainsi. Autre carence majeure, le dispositif proposé ne permettra pas de surmonter l’ensemble des freins à la reprise d’emploi : pourtant, les contraintes de santé, les difficultés de transport ou l'absence de modes de garde pour les bénéficiaires de l'allocation parent isolé, constituent des limites puissantes à l’acceptation d’un travail. Il faut en particulier créer un véritable service public de la petite enfance, dont l’absence limite l’accès des femmes au travail.
Enfin, la mise en œuvre du dispositif devrait s'accompagner d'engagements du côté des entreprises. En venant en aide aux travailleurs pauvres, le RSA ne doit pas se substituer à leur responsabilité sociale, tant sur les salaires que sur les formes de contrats de travail privilégiées. Faute de négociation avec les partenaires sociaux, la modération salariale va s’aggraver et le recours au temps partiel subi va s’accélérer, créant ainsi durablement des trappes à bas salaires.
Sur tous ces sujets, le gouvernement n'apporte aucune réponse. C’est la gauche qui, en 2000, a lancé ce vaste chantier de la revalorisation du travail et du pouvoir d’achat des salariés modestes. Si le gouvernement veut réellement compléter et améliorer le fonctionnement de ce dispositif, nous sommes prêts à y contribuer. Ne laissons pas dévoyer aujourd’hui cette belle idée : une autre politique est possible.

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08.05.2008
Royal regrette l'absence de rassemblement autour d'elle après la présidentielle
Royal regrette l'absence de rassemblement autour d'elle après la présidentielle
Franck Fife AFP/Archives ¦ Ségolène Royal et François Hollande le 19 avril 2008 à Fort-de-France pour les obsèques d'Aimé Césaire
Ségolène Royal regrette qu'il n'y ait pas eu de rassemblement autour d'elle après l'élection présidentielle de mai 2007 pour "mettre la dynamique de (sa) campagne au service de la gauche", dans un entretien publié mercredi par le Parisien/Aujourd'hui en France.
Le premier secrétaire du PS François Hollande a rétorqué qu'un tel rassemblement dans la foulée de la présidentielle aurait été difficile car la candidate avait "pris ses distances" avec le parti pendant sa campagne.
"Ce qui aurait été cohérent après cette campagne, c'est de se rassembler autour de moi pour mettre la dynamique de la campagne au service de la gauche, de reconstruire un nouveau corpus idéologique et de voir si cela réussissait ou non", affirme l'ex-candidate à la présidentielle.
"Je constate que ça ne se passe pas pour moi comme cela s'est passé pour d'autres, François Mitterrand, Lionel Jospin...", ajoute Mme Royal évoquant deux leaders du PS qui ont pu se présenter plusieurs fois à la présidentielle.
Un rassemblement autour de Ségolène Royal après la présidentielle "aurait pu se faire", a estimé M. Hollande sur RTL. Mais "elle avait, pendant la campagne, pris ses distances, à l'égard du Parti socialiste et c'était plus difficile après pour le Parti socialiste de l'adopter tout de suite dans un congrès comme premier secrétaire", a-t-il ajouté.
"Là, on va voir ce que va être sa décision. Elle a pour l'instant engagé elle-même une réflexion, on va voir où cela conduit le Parti socialiste mais de toutes façons, ce sont les militants du PS qui choisiront non pas seulement une personne mais un vrai premier secrétaire", a poursuivi M. Hollande.
Alors qu'on demande à Mme Royal si elle veut prendre la tête du PS, elle indique qu'elle prendra sa décision "assez rapidement puisque les textes pour le congrès du PS de novembre doivent être déposés en juin".
"Ce que je veux, c'est un PS qui change, qui soit en phase avec les défis de la France", affirme aussi la présidente de la région Poitou-Charentes estimant qu'il faut que le parti "compte plus d'adhérents". "On avait promis il y a deux ans un PS a 700.000 adhérents", rappelle-t-elle, en jugeant "très important que le PS devienne un parti très attractif".
Le maire PS de Paris, Bertrand Delanoë, considéré comme l'un des principaux rivaux potentiels de Mme Royal, a publié mardi un texte en vue du congrès du PS.
© 2008 AFP
15:47 Publié dans Revue de presse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : royal, regret, absence, présidentielle
07.05.2008
Ségolène Royal face aux lecteurs du Parisien
13:44 Publié dans Revue de presse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, royal, lecteurs, parisien
06.05.2008
Une autre politique est possible
Ségolène Royal sur France Info
Tirant le bilan d'un an de présidence Sarkozy, Ségolène Royal a jugé que les Français "souffrent" de "la vie chère, (des) promesses non tenues, (de) la place de la France dans le monde qui recule". Ce qu'il faut, c'est "leur dire qu'une autre politique est possible. Et donc il faut faire pression sur ceux qui nous gouvernent pour qu'ils changent de politique".
Face à "une crise mondiale qui est là", Ségolène Royal a estimé que "le pouvoir en place n'a pas pris la mesure de la gravité de la situation".
Interrogée sur le tour de vis dans les dépenses publiques, Mme Royal juge que "bien sûr il faut réformer l'Etat pour qu'il soit plus efficace. Mais il faudrait que ceux qui réforment l'Etat aiment le service public et aiment l'Etat parce que ce que l'on subit aujourd'hui sur le territoire (...) avec la fermeture des tribunaux, des hôpitaux, des écoles, des trésoreries, des services publics de proximité qui font qu'aujourd'hui nous avons une France à deux vitesses" en matière notamment de santé et d'éducation.
Pour elle, "réformer l'Etat, ce n'est pas casser le service public. Réformer l'Etat, c'est mettre du service public au contraire là où on en a besoin, faire des économies là où c'est nécessaire". Ségolène Royal estime que "l'Etat doit assumer ses responsabilités et en particulier garantir l'égalité du développement sur l'ensemble du territoire". En fin de compte, "il ne faut pas réformer contre les gens mais avec eux".
23:33 Publié dans Revue de presse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, royal, france info, possible
23.04.2008
Ségolène Royal souffle sur les braises d’une «année ratée»

La première à dézinguer Sarkozy. Un an, jour pour jour, après le premier tour de la présidentielle, Ségolène Royal a ressorti hier sa saine colère contre son ex-rival. Prétextant la présentation d’un «rapport d’étape» de sa consultation participative sur le site web «Congrès utile et serein», elle a dressé un bilan sévère de l’action et de la personne du Président. Façon de coiffer les autres ténors socialistes au poteau, deux jours avant l’intervention télévisée de Nicolas Sarkozy. «Jeudi, j’attends qu’il reconnaisse ses erreurs. Qu’il revienne sur les mesures fiscales les plus injustes. Il faut récupérer les 15 milliards par an pour doubler la prime pour l’emploi, les aides aux PME innovantes et baisser la TVA», a-t-elle lancé de son nouveau QG du boulevard Raspail, à Paris. Et de brandir le «paquet fiscal très injuste» comme à l’origine de «la colère des Français».
«Faute». «Deux Français sur trois estiment que cette année est ratée. Je ne m’en réjouis pas. Notre pays ne peut pas se le permettre. Je suis convaincue qu’il y a des solutions, qu’il n’y a pas de fatalité. Nicolas Sarkozy avait toutes les cartes entre les mains. S’il l’a ratée cette première année présidentielle, c’est de sa faute!» a-t-elle balancé. Et Ségolène Royal de se poser en principale interprète de ce «gâchis» et des états d’âme des Français : «Nicolas Sarkozy a promis un choc de croissance, une rupture… On a eu tout le contraire.» Et ce «à cause», selon elle «d’une conception des pouvoirs ultracentralisée, une exhibition permanente».
Invoquant avec nostalgie les 17 millions de voix qui se sont portées sur elle au deuxième tour de la présidentielle, Ségolène Royal a dessiné en creux ce qu’aurait été sa façon de gouverner si elle avait été élue. «Il faut que Nicolas Sarkozy écoute les Français, dialogue avec les partenaires sociaux. Moi, je continue cette démarche de démocratie participative», a-t-elle dit.
Appliqué au congrès du PS en novembre, cela donne déjà «732 contributions» de militants«passionnés pour que le texte de la contribution [qu’elle défendra, ndlr], soit issu de la base et ne soit pas concocté à quelques-uns dans un espace fermé», a-t-elle conclu.
Blog. Face aux dirigeants du PS qui raillent l’antienne participative de Royal, un proche de l’ex-candidate rappelait hier que tous s’y mettent : «Benoît Hamon et le NPS consultent les militants et Jean-Christophe Cambadélis nous a dit : "Bien joué, 1-0, après le lancement de notre site."» Sur son blog, François Hollande dit aussi : «Je vous attends» aux militants. 103 commentaires y étaient postés hier soir. Contre 732 sur le site de Royal.
14:51 Publié dans Revue de presse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : ségolène, royal, souffle, braises, année, ratée
17.03.2008
"Il faut transformer ce vote sanction en vote d'avenir."
Ségolène Royal constate que "Le mouvement du premier tour s'est amplifié au second" ce qui implique que"nous devons être à la hauteur, des espoirs que les électeurs placent en nous ce soir pour transformer ce vote sanction en vote d'avenir
La gauche doit faire face a ses nouvelles responsabilités "Dans un contexte de profonde inquiétude, nous, élus locaux, devons à la fois protéger, imaginer et surtout réparer ce que le gouvernement a abîmé et détruit au cours des derniers mois. La peur du lendemain s'empare même de celles et ceux qui se croyaient à l'abri".
Ségolène Royal dresse un bilan de la siutation en France "Nous avons aujourd'hui de l'improvisation, du désordre gouvernemental, nous avons une perte de sens, de repères, de valeurs. Nous avons une crise morale, sociale, économique, écologique".
Elle demande en conséquence au gouvernement "de renoncer aux mesures fiscales injustes et d'augmenter les retraites et les salaires, de renoncer au paquet fiscal et de supprimer les franchises médicales.
Le gouvernement a dit après le premier tour qu'il entendrait le message, eh bien, qu'il le fasse et qu'il change sa politique et son comportement >".
Pour Ségolène Royal,"il ne s'agit pas d'arrêter des réformes mais de faire de bonnes réformes". "La situation est grave, il faut que le pouvoir se ressaisisse et écoute ce que viennent de dire les Français".
18:40 Publié dans Revue de presse nationale | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales, segolene, royal, vote, sanction, avenir
07.03.2008
Municipales: Ségolène Royal appelle les Français à se mobiliser

A cinq jours du premier tour des élections municipales, Ségolène Royal, venue à Toulouse mercredi apporter son soutien à Pierre Cohen, candidat PS de la ville, a appelé les électeurs à voter "massivement dimanche" afin de dire "non au déclin de la France".
"Si nous voulons dire non au déclin de la France qui tous les jours est organisé par la désinvolture, l'incompétence et l'impolitesse, je compte sur vous pour voter massivement dimanche prochain", a lancé Ségolène Royal aux habitants du quartier Bagatelle à Toulouse rassemblés à la Maison de quartier.
"La France a besoin de Toulouse pour avancer. Les grandes capitales régionales peuvent tirer la France vers le haut. Les municipales sont un enjeu local et de dynamique global". "On a très envie d'avoir des responsables politiques sérieux, respectueux car en haut, on a quelqu'un de pas sérieux qui fait reculer la France", a-t-elle ajouté.
Ségolène Royal à également déclaré que "la France a été trompée, elle est en colère. Il faut qu'elle passe à l'action les 9 et 16 mars prochains".
"Puisque là-haut, à Paris, ils ne passent pas à l'action, alors c'est dans les villes que nous allons passer à l'action au lendemain des élections municipales", a-t-elle dit au cours d'un meeting qui a rassemblé près de 800 sympathisants.
"La France est si malmenée dans son histoire et ses valeurs que jamais tant de scandales financiers ou moraux ont éclaté, a lancé Ségolène Royal. Quant à la politesse à l'école, on a vu ce que cela a donné quand le principal intéressé est passé à l'action!".
Ségolène Royal a ajouté que "Les promesses n'ont pas été tenus par ce président du pouvoir d'achat. Vous vous souvenez ?".
23:25 Publié dans Débat & Réflexion... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : municipales, segolene, royal, mobiliser
05.01.2008
« J'ai beaucoup réfléchi, beaucoup consulté... », Le Parisien

Ségolène Royal. Je ne le crois pas. J'ai profité de ces quelques mois pour lire, écrire le bilan auquel je m'étais engagée*, travailler sur le fond et accepter des invitations politiques à l'étranger. Et à chaque fois avec des élus et des responsables socialistes ! Et consacrer du temps à mes enfants et à mes amis. Cette respiration était nécessaire. Du coup, cela a créé une interrogation sur mes projets. Certains m'ont crue anéantie. Eh bien non ! J'ai beaucoup réfléchi, beaucoup consulté, et j'ai entendu tous ceux qui me demandaient si j'allais les laisser tomber. Je pense notamment aux jeunes des quartiers, mais pas seulement, qui attendent tellement que la politique change, et à d'autres qui ont cru à certains slogans et qui aujourd'hui se sentent trahis et nargués.
Vous pensez que les courants, dans l'opinion comme au PS, vous sont encore porteurs ?
Dans de multiples signes quotidiens, je peux vous dire que le lien avec les Français est resté intact. A chaque fois, j'en éprouve la même émotion. Tant de gentillesse, de générosité, d'attente ! Les millions de voix qui se sont portées sur mon nom au second tour de la présidentielle me donnent surtout des devoirs et une incontestable expérience. Personne ne peut contester qu'il y a un potentiel à mettre au service du PS et de la préparation de l'alternative. Je suis très heureuse de voir que beaucoup des idées que j'ai portées durant la campagne sont aujourd'hui largement reprises, notamment dans le cadre des forums du PS. Nicolas Sarkozy continue de piller les propositions qu'il combattait il y a encore six mois, je pense à la réforme de l'indice des prix. Il vient même de reconnaître qu'on ne peut réformer un pays sans dialogue social, quelle découverte ! Mais que de temps perdu et de dégâts en sept mois ! Il a aussi dérobé à Edgar Morin le concept de « politique de civilisation », alors que sa méthode est aux antipodes de cette humanisation des politiques publiques.
Certains vous reprochent de lancer une offensive pour prendre le contrôle du parti alors que démarre la campagne des municipales...
Je m'intéresse à l'avenir du PS, je travaille et j'irai jusqu'au bout de ce travail en équipe. Ne nous trompons pas. Ce sont les polémiques entre socialistes qui nuiraient à la dynamique de la campagne municipale. Et je mets en garde ceux qui s'amuseraient, une fois de plus, à se tirer une balle dans le pied. Car, voyez-vous, c'est le mouvement qui fera gagner des mairies supplémentaires. J'ai fait bouger les lignes durant la campagne. Le travail politique doit d'abord se faire sur les idées. La question du leadership et de ma responsabilité se posera à ce moment-là, et à ce moment-là seulement.
Ecartez-vous l'hypothèse de vous rallier à un premier secrétaire autre que vous-même ?
La question n'est pas d'actualité. Cela ne vous empêche pas de pousser les feux du débat interne... Tant mieux s'il y a du débat ! Pour moi, la politique, c'est faire mouvement d'entraîner, de donner envie.
Quand souhaitez-vous que le congrès ait lieu ?
Ce qui compte, c'est le contenu. Et il faut que les socialistes soient fraternels les uns avec les autres quelle que soit la densité des débats, qui doivent être utiles à la France.
Quel est votre programme immédiat ?
Retravailler avec tous les socialistes, y compris ceux qui hier n'ont pas été à mes côtés, pour rassembler, réunir, consulter, discuter, proposer. Stimuler les forums participatifs dans le cadre des municipales. M'impliquer pleinement aux côtés des candidats aux municipales et cantonales qui me le demandent. Poursuivre le travail de réflexion en profondeur pour le mettre demain au service des Français, pour le traduire en action et en résultat. Et participer, le 20 janvier, au forum sur la rénovation du PS qui se tiendra à la Mutualité, à Paris.
Propos recueillis par Philippe Martinat - Le Parisien
* « Ma plus belle histoire c'est vous », Editions Grasset.
Hier, Ségolène Royal est venue apporter son soutien à José Bové. L'altermondialiste a entamé une grève de la faim pour obtenir l'activation par le gouvernement de la clause de sauvegarde à Bruxelles, qui permettrait d'interdire la culture du maïs OGM en France. « Je respecte et je salue ce courage politique », a lancé Ségolène Royal à Bové, installé dans un bâtiment occupé par l'association Droit au logement avec une quinzaine d'autres militants, rue de la Banque (Paris II e ). Elle a également salué « sa posture morale ».
17:50 Publié dans Débat & Réflexion... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : segolene, royal, elections, municipales, renovation, parti, socialiste
04.01.2008
“SOUS LES PAVÉS, SÉGOLÈNE ROYAL”
VOICI L’INTÉGRALE DE “SOUS LES PAVÉS, SÉGOLÈNE ROYAL” (épisodes 1, 2 et 3)
A l’occasion de la sortie de son livre “Ma plus belle d’histoire, …c’est vous” Ségolène Royal est la troisième invitée de “Sous les pavés…”.
Photo Thomas Haley-Sipa Press
Cliquez sur le lien suivant pour suivre cette émission :
http://www.latelelibre.fr/index.php/2007/12/sous-les-pave...
18:35 Publié dans Débat & Réflexion... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : segolene, royal, parti, socialiste, telelibre
31.12.2007
Ségolène Royal présente ses voeux pour 2008
Bonsoir,
Ce soir j'ai d'abord une pensée particulière pour ceux qui souffrent, qui sont dans la solitude, dans l'abandon, ou qui ont connu au cours de l'année 2007, des drames ou des épreuves.
Je vous souhaite que l'année 2008 vous apporte de l'espoir et un nouveau départ dans la vie, et j'en suis sûre, cela va vous arriver.
Je souhaite à la France, c'est à dire à nous tous, une République plus fraternelle ou chacun et chacune aura le sentiment, et même la certitude, qu'il doit pouvoir avancer, réussir, en comptant sur les autres, et d'abord en comptant sur l'Etat.
Et d'abord, l'Etat doit tenir sa parole et ceux qui ont parlé en son nom doivent faire ce qu'ils ont dit. J'attends par conséquent que l'année 2008 apporte aux bas salaires une hausse conséquente, une revalorisation des petites retraites car je sais beaucoup de personnes âgées dans la difficulté, après avoir travaillé pourtant toute leur vie.
Je veux que l'année 2008 soit comme cela a été promis, l'année de lutte contre la vie chère. Et je souhaite pour la France, c'est à dire pour nous tous, que les garanties fondamentales soient renforcées et non pas fragilisées. Pouvoir se soigner, se loger, faire réussir ses enfants à l'école. Recevoir un juste salaire de son travail, pouvoir préparer l'avenir, pouvoir accéder aussi à la culture, tout cela la France a les moyens de pouvoir l'apporter à chacun et à chacune.
Un État fort doit aussi garantir une égalité de développement sur l'ensemble du territoire national et dans les Outre mers. Chacun a le droit d'accéder à la liberté de choix de sa vie, et en même temps aux conditions qui vont garantir cette liberté.
Le monde est devenu un village, rien de ce qui se passe à l'autre bout de la planète nous est étranger. Chaque événement a maintenant une incidence sur toutes les parties du globe. C'est pourquoi si nous voulons ensemble maîtriser les fanatismes, les terrorismes, les atteintes insupportables à l'environnement, alors nous devons faire converger nos politiques diplomatiques pour que les valeurs de protection de la personne humaine l'emportent partout et toujours sur les valeurs financières ou sur l'obscurantisme. C'est cela aussi que je souhaite.
Le temps presse, la France mérite beaucoup mieux que cette juxtaposition entre des comportements ostentatoires et d'un luxe insolent d'un coté, et tant de précarité ou de fragilité pour le plus grand nombre de l'autre.
La France mérite mieux oui, parce que nous avons du potentiel, de l'énergie, du talent dans nos laboratoires, nos entreprises, nos écoles. Toute cette énergie là, pendant l'année 2008, doit être mise au service d'une croissance enfin retrouvée.
Le temps presse, le potentiel est là, et c'est pourquoi je souhaite que l'année 2008 soit l'année de la morale des comportements et des résultats.

20:20 Publié dans Débat & Réflexion... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : segolene, royal, voeux, 2008

